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14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 07:23

J'lui ai écrit des lettres et des lettres,

il m'a jamais répondu

( Charlélie)

Je n'ai plus envie de parler de P. qui fait maintenant partie du grand tout, une infime partie.

Non, aujourd'hui, j'ai envie de marquer le coup. C'est bientôt le 2ème anniversaire de ma renaissance, bientôt le 27 juillet, fête de la natalité, comme Noël pour Jésus (si, si, c'est vrai, Noël, Natalis, ça veut dire la même chose) et ma nouvelle année sera une semaine plus tard, le 3 août 2011, premier jour de l'an 02.

Le 3 août de l'an 00, j'étais sortie de l'hôpital depuis 4 jours, et mes deux grands frères, habitant lointainement, qui étaient venus pour l'occasion, repartaient ce jour-là, me laissant à la vie avec mes enfants. Ils avaient passé un week-end complet à récurrer ma cuisine de fond en comble (mon appartement était devenu une poubelle), et le soir pour se détendre, ils allaient boire ensemble une bière ou deux dehors.

Je dormais sur le matelas neuf apporté par mon frère aîné, pour remplacer celui des mauvais souvenirs, sur lequel j'avais fini par gerber vomis et sang (et mon autre frère avait apporté des draps propres). Il avait aussi fait nettoyer la couette en plumes d'oie ou de canard, sous laquelle je me réfugiais malgré la chaleur de l'été. Depuis, je l'ai donnée à P., qui me l'a demandée, revendiquant une certaine "paternité" sur elle. C'est lui dont le corps s'enveloppe de cette couette des mauvais souvenirs aussi, où quelques traces de mon vomis ont subsisté au lavage à sec du pressing. Moi, j'ai une immense couverture en laine naturelle qui me vient du bon temps de la Tunisie.

Voilà, ils étaient partis à leurs propres vies, qui n'étaient pas sans soucis.

Et donc, moi-même j'étais en vie, mais une ombre encore.

Ombre de femme face à la vie

Parfois, je racontais à mes enfants mes hallucinations à l'hôpital comme si j'y étais, comme une gamine mythomane qui décrit des souvenirs aussi précis qu'improbables. Ils riaient des horreurs dont je fus emprise jours et nuits, ils riaient parce-que c'était tellement invraisemblable, et j'avais l'air si convaincue... Ils m'en redemandaient.

Mais dès lors qu'il fallait faire un effort de réminiscence, cela devenait impossible, je voulais oublier, soumise subitement à la douleur des entraves, de l'étouffement, du besoin de fuire.

Femme-asphyxiee.jpg

Mais ce n'est pas de ça dont je voulais parler.

Non, je voulais dire que, toute rennaissance ressentie, la vie avait repris son cours sur la femme de 47 ans que j'étais, mûrissante, et bien que meurtrie, terriblement emplie d'amour.

Depuis deux ans, l'amour va grandissant, mon coeur s'élargit de plus en plus, ne pouvant plus se contenter d'accorder tout son temps, tout son sang et ses battements, à un seul homme.

Et tandis qu'il bat plus encore pour mes enfants, mes amies, ma mère, et pour les mondes de ceux qui souffrent, et de ceux qui partagent et s'unissent, mon corps de femme suit son cours vers le vieillissement.

Vers-le-vieillissement.jpg

Ma peau, mes cheveux, mes ongles, ma langue, mes lèvres se déssèchent, et surtout mon ventre... mon ventre de femme se déssèche de l'intérieur, me faisant souffrir encore de façon inattendue lors de cycles irréguliers, et m'empêchant peut-être de désirer à nouveau, physiquement.

Je ne sais plus ce qu'est avoir envie de faire l'amour.

J'ai envie de vous prendre dans mes bras pour vous faire passer les ondes de mon amour, les flux et reflux de mon sang bien vivant...

Partage-intime.jpg

Mais rien au bas du ventre, rien à la pointe des seins, rien au creux des reins...Fais-attention-a-mon-sexe.jpg


Serait-ce aussi à cause de ma nouvelle hantise ? La hantise du couple. Tellement peur de risquer de suggérer à quiconque la moindre apparence de la constitution d'un couple.

Equilibre-du-couple.jpg

Les aventures sans lendemain ont perdu toutes saveurs, à moins que je ne les ai déjà toutes goûtées et qu'il n'en existe plus...

Comment vivre une belle aventure avec des lendemains inconnus et toujours enclins à susciter une curiosité partagée, sans règles, sans conventions, sans limite, alors que je m'en impose à moi-même tellement à présent, parce-que, parce-que...

C'était bien de No Limit dont j'étais malade, dont j'ai fait souffrir mes enfants, c'était bien du No Limit, dont j'ai failli mourir...

Je ne peux finir sur cette note un peu triste, car j'avance chaque jour et ne suis heureusement encore arrivée nulle part.

Tout du meilleur peut encore me surprendre, mon coeur ne cesse de s'ouvrir et mon corps asséché n'en est pas pour autant, j'espère, refermé à tout jamais...Espoir

 

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Published by natalis, DES CAUCHEMARS, DES REVES et LA VIE - dans ENTRE SOMMEIL ET EVEIL
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commentaires

Corine Caporlan 08/08/2011 23:57


Merci pour ta réponse dont la clarté ne me donne rien d'autre à répondre que "bien reçu".
Si quand même j'ajoute ! J'ai bien lu, tout est honnête, tu fais très bien la part des choses.
Ce que je ressens ? Une grande indulgence, que tu as un jour voulu aussi, enfin appliquer à ta propre personne.
Tu possèdes une grande lucidité, une ouverture considérable à la vie, une faim de compréhension des autres.

Bonne nuit Natalis. Encore merci de cette réponse (ah, la technique, c'est comme ce soir : plusieurs heures impossible de poster des com !)


Corine Caporlan 08/08/2011 00:32


S'élancer sans se poser de questions, je voulais dire

Je me suis permis de parler de traumatismes à propos du Monsieur qui a tant compté.
Nous comptons tous nos traumatismes. Je ne me place pas du tout en dehors des traumatismes -)
Bon début de semaine.


natalis, DES CAUCHEMARS, DES REVES et LA VIE 08/08/2011 08:12



J'ai encore eu un problème avec ma réponse, qui n'a pas été enregistrée ! Je recommence donc...


Tu peux tout à fait te permettre de t'élancer sans te poser de questions, ça ne me dérange pas d'affiner si besoin.


En l'occurence, si je peux parler de nombreux traumatismes, je ne me permets pas personnellement de tout mettre sur le dos du monsieur. Notre relation n'était pas saine et j'étais moi-même en
proie à mon propre aveuglement. Il y avait aussi un contexte, un environnement, ma bi-polarité et les traitements assez lourds pour la pondérer, l'alcool... (Dans mes articles, j'aborde les
sujets séparément, mais tout est lié). Et sortir de cette espèce de fuite en avant n'était pas facile. Pour ma part, j'ai succombé à l'impériosité brutale et pulsionnelle d'un acte radical ; qui
ne l'a cependant pas été, et c'est alors que j'ai commencé à ouvrir les yeux (et les oreilles et à délier la langue).


L'auto-destruction du monsieur est plus lente, entrecoupée de résolutions difficiles à tenir. C'est pourquoi j'ai gardé un lien avec lui encore assez longtemps. Mais j'ai compris la différence
entre les bonnes résolutions et la décision déterminée de choix et renoncements nécessaires pour transformer les accords que l'on a passé toute notre vie avec nous mêmes ainsi qu'avec les autres,
afin de se sentier entier et présent à la vie. 


Bonne semaine, Corine



Corine Caporlan 07/08/2011 21:53


Alors j'allais dire pourquoi ne pas s'élancer sans proposer pour autant ? Pourquoi ne pas rester dans le mystère, le sien et celui de demain ? Mais en même temps il y a cette peur de ce qui est non
cadré issue du no limit ?
Je crois que le principal est ce que tu as déjà : le coeur ouvert, plein d'amour.

Après des traumatismes pareil, comment avoir confiance en les "mécanismes" (corporels)? On peut croire avoir perdu le mode d'emploi, mais non, tout reviendra.
Et s'il te plaît, ne parle pas comme si tu avais 80 ans et surtout ne te regarde pas comme si tu les avais !
Bien sincèrement.
Corine

ps : j'ai donc appris que Natalis = Nativité, Noël : c'est joli.


natalis, DES CAUCHEMARS, DES REVES et LA VIE 07/08/2011 23:47



Oui, il y a la peur de ce qui est non cadré en même temps que l'exécration du cadrage en amour. Dans tous domaines, j'apprends à gérer mes émotions, comment fait-on avec l'Amour ?


D'autre part, vu les "traumatismes pareils", je ressens ce besoin d'être (enfin !) seule, car pour être bien avec les autres, ne faut-il pas, avant tout, être bien avec soi-même?


Le rapport entre cet état de fait et "les mécanismes corporels" reste un peu vague. Loin de de me voir comme une femme de 80 ans (le choix de l'image ne voulait qu'illustrer  la sensation de
"dessèchement", et d'ailleurs la dernière image me progète sautilllante, libre, nue et joyeuse... et même avec une copine !), j'ai l'âge réel où le corps passe une étape, où, au sens propre,
toutes sortes de sécrétions se raréfient. Comme c'est assez nouveau pour moi, je me demande si ce phénomène naturel a un lien, aussi, avec ma baisse de désir.


Et puis, même en mettant de côté "les traumatismes", il y a quand même une certaine expérience ainsi que d'assez nombreuses expériences, vécues ou observées
autour de moi, qui me font sérieusement me questionner sur QUI sera celui qui pourrait me séduire ? !!!


S'il m'apparaîssait celui-là, j'espère bien que les "mécanismes corporels" reprendraient du service !


Pour l'instant, je reste donc carrément dans le mystère, "le mien et celui de demain" !


Ceci dit je n'ai pas compris ta première suggestion :"Pourquoi ne pas s'élancer sans proposer pour autant ?"


Merci encore de tes lectures, Corine, et comme je le dis à mes rares mais chers amis, à tout bientôt !


 



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