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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 21:45

 

gghrthrhJe suis attachée, nue, sur un lit roulant, ou plutôt enrobée d’un grand drap qui glisse tout le temps. Allongée sur le dos, je peux juste soulever le menton pour voir mon corps de jeune fille, impudique. Je trouve quand même que cette espèce de collier de perles de gamine qui se tortille autour de mes seins, en guise de soutien-gorge, c’est limite. Mes gestes sont retenus par des liens, mais j’essaie tant bien que mal de cacher ça avec un bout de drap qui ne tient pas en place de toute façon. Le type qui m’engueule quand je bouge, j’ai bien l’impression qu’il en profite, qu’il se rince l’œil. Il fait de l’ironie grinçante avec moi, mais ça ne marche pas. Enfin je m’en fous de son humour. L’autre est plus doux, plus discret, et puis heureusement il y a la grande maman noire, plantureuse à souhait, forte et tendre à la fois. On dirait que je fais mal à son cœur. En fait ils ont dû passer pas mal de temps à s’occuper de moi, à me surveiller, à vérifier que je ne risque pas d’être détachée, à attendre que j’ouvre un jour un œil. Ils m’ont mise dans le coma pendant des jours pour je ne ressente pas les douleurs de tout ce qu’ils m’ont fait. Ou pour autre chose...

Je suis dans un chalet perdu entouré de neige et je me demande bien ce que je fais là, pourquoi il m’ont passée au karcher quand je suis arrivée et ce qu’ils ont fait de mes vêtements. « Vous savez dans quel état vous êtes arrivée ? » me dit le cynique «  Quoi ? Pas toute nue quand même ? » « Pas en état de prendre la moindre douche en tout cas, et les vêtements, nous on n’en a pas vus »

Qu’est-ce que j’ai bien pu faire, je prends mon collier autour des seins pour un maillot de bains. Pourquoi suis-je si fatiguée, et attachée, pourquoi on me glisse un bassin sous les fesses comme dans les hôpitaux, je ne suis pas dans un hôpital, et je n’arrive pas à me concentrer pour faire pipi, mais je saigne, c’était fini mes règles pourtant, non peut être pas. On me lave, on me met une couche comme à un bébé. Bon, maintenant que je suis réveillée, je peux partir ?

Du temps passe, je somnole, la lumière est blafarde. Quand le gentil passe, j’essaie de lui faire comprendre, que je dois partir, que ça va. Mais qui suis-je ?

C’est Noël et j’ai le droit de voir mes enfants à travers la vitre, ils sont avec ma sœur (laquelle ? On dirait celle qui habite si loin), ils sont tout petits. On se fait coucou à travers la vitre. C’est tellement triste.

Ils me diront plus tard qu’ils étaient venus près de mon lit, qu’ils m’avaient embrassée, que ma sœur, en fait celle qui n'habite pas loin, avait dit d’un ton joyeux : « tu sais quel jour on est aujourd’hui, le 14 juillet, c’est la fête nationale ! », mais je ne m’en souviendrai jamais, même en faisant un effort, en essayant d’écrire sur un papier quel jour j’étais arrivée, et par quels services j’étais passée. En tout cas, je ne saurai jamais dans lequel on a gardé mes vêtements, personne ne les a retrouvés, pourtant mon fils m’a assuré qu’il m’a habillée avant qu’ils m’emmènent.

J’étais arrivée le 10 juillet. Ils m’ont mise dans le coma et m’ont fait trois dialyses, après j’étais attachée à un cathéter et à une perfusion. Ce n’est pas la même chose ? Pour quoi faire ? Et pourquoi je l’ai su par mes enfants. Pourquoi c’est eux qui m’ont dit l’énorme dose de lithium que j’avais dans le sang ? Et pourquoi ils me demandent pourquoi ? Je dirai j’ai juste voulu dormir-mais ce n’est pas un somnifère le lithium-ni même un anxiolytique-alors j’ai pensé qu’il fallait en prendre beaucoup. Pour dormir.

Oui j'ai dit ça, à ces enfants si grands...

On me promet que je vais pouvoir partir, mais c’est plus long que prévu l’attente, pour une histoire de changement de personnel, ou de chef qui doit prendre une décision. L’espoir me rend l’attente supportable, je ne sais pas qu’on est en train de me tendre un piège. Quand enfin toute l’équipe du chalet me dit au revoir et bonne chance, toujours attachée sur un lit (un autre ?), deux types m’accompagnent dans un ascenseur, et je monte, je monte, pourquoi ? Le piège. J’arrive dans une sorte de centre d’accueil, on m’octroie une chambre. Je suis arrivée avec un groupe en fait, pour un stage. Il y a une sorte de hall immense avec un grand bar vide. Quand je sors de l’ascenseur, plusieurs personnes m’accueillent dont un capitaine de bateau, les cheveux blancs, sa casquette avec une ancre devant, et un grand sourire chaleureux. Mais ce doit être Le grand chef, juste là pour accueillir les stagiaires, je ne le reverrai plus, bien que je l’ai réclamé pour avoir des explications.

Et puis j’ai eu un trou noir. Je me revois avec les autres du groupe, un peu perdus dans les couloirs, moi toujours plus perdue que les autres. Ils se sont vite repérés, et ma chambre n’était pas dans le même couloir que les leurs. Moi, j’étais avec une fille que je ne connaissais pas mais qui avait l’air plus à l’aise, alors je l’ai suivie.

Mais ???  Pourquoi me suis-je retrouvée encore attachée, les avant-bras pleins de traces de piqûres, et d’énormes hématomes ?

La fille à côté de moi n’était pas la même que ma collègue du groupe de stagiaires. Celle-ci était blonde et me faisait penser à une autre blonde (une désaxée, d’un temps passé), elle avait le même prénom que moi et elle habitait dans la même ville que moi, alors assez vite, on s’est échangé nos adresses, surtout que j’étais presque sûre que j’allais partir aujourd'hui ou demain. Ce n’était qu’affaire de quelques visites, quelques pourparlers, un procès gagné d’avance et une grande fête pour marquer de nombreux départs simultanés. Mais ce fut bien plus long que je ne pensais. Il allait se passer de nombreux évènements, et je ne fus pas vraiment à la fête…

Je ne sais par où commencer    

 

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Published by DES CAUCHEMARDS, UN REVE et LA VIE - dans ENTRE SOMMEIL ET EVEIL
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