Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 08:39

images (47)Dimanche

En fait je lui ai dit ma colère, ma déception, mon dégoût déjà au téléphone. Mais je suis presque sûre que j'aurai encore à lui redire. Ce soir il n'était pas dessaoûlé.

Il accompagne surtout des mauvais moments et encore pas tous. Il me demande d'accompagner ses mauvais moments, c'est à dire presque tout le temps. Sauf quand il les oublie dans les bars, l'alcool, les copains, où là il n'a plus besoin de moi et je n'ai pas "intérêt" à avoir besoin de lui.

Finalement, et je commençais à me rendre compte de l'importance de "ça", je me félicite d'avoir affronté la solitude, le vide, le manque, l'absence, en me forçant à m'y confronter, sans chercher à m'en évader, à part dans la lecture où finalement je me retrouvais face aux même problématiques racontées par d'autres. Je suis plus forte après chaque crise (dépression, je finis par t'amadouer, je te résiste, ce n'est pas toi qui me tueras - enfin j'espère).

J'apprivoise cette difficulté de vivre, et ce qui m'aide le plus, c'est la solitude, l'introspection, le face à moi quand je ne me supporte plus. Je vis, à la limite du supportable, mais comme tant, tellement d'autres. En lisant des livres, en écoutant la radio, au cinéma, je vois et j'entends que tous ces gens qui me "parlent" tant, qui créent, qui s'expriment, sont mués par cette étrange envie, ou ce besoin de continuer quand-même, malgré les souffrances, les déceptions, les colères, les dégoûts qu'ils ressentent.

Je ne crée pas moi, je n'ai créé que mes enfants (merci à leur père) comme tant, tellement d'autres mères. Mais QUELS ENFANTS ! A leur tour, ils me re-donnent, encore et encore la vie. Mes enfants me sauvent la vie au propre et au figuré. Pour eux, je me dois de me la sauver moi-même. Alors, pourquoi pas la remplir, la construire, notion nouvelle pour moi, le plus intelligemment possible ? J'essaie, je fais vraiment VRAIMENT DE MON MIEUX, variable suivant les jours, mais toujours de mon mieux (ce qui n'a pas été le cas auparavant, enfin pas toujours)

Il fallait ce soir que je trouve un moyen d'expulser cette colère qui gravite en moi depuis jeudi.

Est-ce lui le responsable de cette colère ? Est-ce moi ? Je n'ai pas une confiance absolue en lui, donc pas d'étonnement, mais je crois que ce qu'il fait dépasse les limites de la part de confiance que j'avais gardée, ou plutôt retrouvée. Ce qu'il fait n'atteint plus l'avancement de ma vie, n'arrête plus le cheminement de mes pas, mais provoque en moi cette colère là.

Tout l'hiver dernier, j'ai retourné en moi cette question dans tous les sens, pourrais-je me passer totalement de

lui ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ? De fait, je ne me passe pas totalement de lui. Même pendant des mois d'absence, il occupe une partie de mes pensées. Même dans des innombrables moments où nous n'avons pas grand chose à partager, je suis avec lui, je lui réponds au téléphone ou lui téléphone moi-même, je le vois. Je sais très bien que je ne le sauverai de rien, ni lui non plus pour moi. Mais on s'est dit souvent "on est encore là".

Pourquoi sommes nous encore là l'un pour l'autre ? Pourquoi revenons nous toujours chacun à l'autre ? Pour ce qui le concerne, je ne peux pas le savoir, je ne peux faire que des suppositions. Mais pour moi ? POURQUOI ? Je n'ai pas d'espoir ni de projection où à l'avenir nous serions réunis dans un mode de vie commun.

Très souvent il me déçoit. Juste, de temps en temps, il dit ou fait quelque chose qui me plait, quelque chose qui me parait souriant, positif ou encourageant. Alors, je passe du temps avec lui, jusqu'à la déception suivante.

Je crois vraiment qu'il manque de se coller à lui-même. Je pense vraiment qu'il a trop tendance à pratiquer l'évitement. Il se reprend et se lâche, en boucle. Et il y a de l'inconséquence là dedans. Ce que nous faisons ou ne faisons pas a des répercussions sur les relations que nous avons avec autrui. Je lui ai dit souvent ces derniers temps.

Il me semble résulter de tout ça que si je devais arriver à me passer de lui sans en souffrir le manque, ce ne serait pas par décision formelle et concrète, mais juste, par déliquessence et lassitude.

Mardi

Après avoir passé quelques jours dans la grande ville, vu une amie et une autre, quand je suis revenue à

la petite ville, ma colère était passée. C'était dimanche soir, nous sommes mardi soir, nous avons passé quelques bons moments ensemble... Et au téléphone,de nouveau sa voix saoûle.

Et ma colère qui revient, remonte et gronde, mes douleurs apaisées qui crient à nouveau.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Corine Caporlan 19/08/2011 02:08


Bonsoir Natalis,

J'ai beaucoup aimé cette version de voir les choses : regarder dans une situation peu plaisante on va dire, ce que l'on peut en apprendre et non y changer. Il faudrait que j'y pense parfois à ça
tiens ! C'est un beau principe.


J'ai souri, malgré le contexte, concernant ton avis sur ma manière de réagir là sur la disparition chez SBST ! J'ai souri aussi de surprise ! Je ne savais pas que tu y faisais des tours ! Je suis
faite comme un rat ! Et tiens toi bien je ne me "moleste" pas tant que ça car jai failli faire une publication pour son départ et je me suis retenue : c'était inutile... et mieux vaut les clins
d'oeil que je lui ai déjà faits par écrit.
Crois-moi, je mérite tout de même un peu de me molester....
je n'ai pas ni eu l'intention de faire du mal à Katia loin de là, ni n'ai été pénible comme apparemment certaines l'ont été, mais j'ai été TRES maladroite. Il faut aussi reconnaître ses torts.
Sinon, oui tu as raison mais elle avait un ton tellement pêchu que c'est stupéfiant d'un coup comme ça ...
Enfin j'ai échangé avec elle ces derniers jours et ça va mieux : j'y vois plus clair.
Merci en tout cas. Ta vision est clairvoyante : Katia a été saturée, a besoin de temps pour d'autres choses et en effet c'est un blog qui ferme et non sa vie (Dieu merci).
En même temps cela faisait plus 1 an et demi qu'on se suivait au quotidien.... ce n'est pas rien.
Cela dit, je considère toujours que les blogs n'ont qu'un temps....
Merci de ces réponses.
Très beau début de week-end.


Corine Caporlan 17/08/2011 00:33


Bonsoir,
M'est avis que ce qu'il y de précieux c'est qu'il a perdu son influence, ce qui était peut-être le plus gros pas à faire. Il n'est pas si évident de faire déchoir quelqu'un que l'on a tant
aimé.

Mais il a gardé quand même une grande place.
Pourquoi dans le fond ne pas tout simplement se dire que tacitement c'est comme un pacte, même unilatéral : le soutien et se dire que l'essentiel est de faire ton chemin et par ailleurs, de rester
une alliée mais juste une alliée (déjà pas mal du tout),puis peu à peu finir par n'être un soutien qu'en pointillés.
L'ennuyeux aussi est que ce soutien donné implique de recevoir, pour toi, un présent qui ravive un passé et qu'apparemment ses appels impliquent toujours une lourde assistance.

Je te souhaite des nuits et des journées sereines.
Je trouve très beau ton parcours.


natalis, DES CAUCHEMARS, DES REVES et LA VIE 17/08/2011 04:25



Tu as tout compris !


Depuis peu de temps, ce lien de plus en plus ténu figuré par tes pointillés, peut-être a-t-il trop tiré dessus... Les pointillés se sont espacés de plus en plus, et j'ai fini par sentir que le
fragile lien que je continuais à rafistoler tant bien que mal se délitait vraiment, malmené par d'autres déceptions récurrentes, pour céder de lui même complètement.


Ma vie et mon parcours comme tu dis restent tournés vers les démunis et les "vilains petits canards", avec beaucoup de petits plaisirs et de satisfactions d'apprendre encore et encore, délestée
que je suis des attentes de l'amour narcissique et de ses souffrances, préférant faire mien le monde de l'amour absolu, universel, où "tout homme en vaut un autre" ("zo kwe zo" = un homme est un
homme ). A présent, quand je suis confrontée à une situation pas très valorisante humainement, je m'isole jusqu'à discerner, non plus ce que je pourrais y changer, mais ce que je peux en
apprendre.


Et puisqu'on est entre nous, j'en profite pour t'inviter à résister à ton enclin à"l'auto-molestage". Je pense là à la
fermeture du blog SBST de ta "co-blogueuse" Katia. Je ne la connais pas, ni toi beaucoup non plus, ni tous "les copains". Mais j'ai lu les termes de son départ, l'idée du concours de clôture et
pas mal de commentaires, ainsi que parcouru son blog. Ma petite idée sur tout ça n'est pas si tragique et/ou larmoyante et/ou inexplicable que ça semble en avoir l'air. Madame Katia me semble
être une femme intelligente, pas "hypocrite", et... fatiguée. Ses déceptions sont peut-être d'un tout autre ordre que dûes à des personnes en particulier. Et son ultime (peut-être pas) concours,
pourquoi ?


En ce qui te concerne, tu as bien fait de laisser venir et s'exprimer ton chagrin, je crois que tu peux le laisser repartir tranquillement. Sa décision lui appartient, et de mon regard extérieur,
n'a vraiment rien d'un abandon de qui que ce soit. Elle ferme juste un blog et a probablement besoin de s'occuper "d'autre chose". Elle ne dit pas adieu au monde.


Je te souhaite l'apaisement de tes tourments.


A tout bientôt.



Présentation

  • : Le blog de DES CAUCHEMARS, UN REVE et la vie
  • Le blog de DES CAUCHEMARS, UN REVE et la vie
  • : Cauchemars, rêve, hallucinations, réalité, son addiction, vivre, revivre, patience et longueur de temps, malade?
  • Contact

Profil

  • natalis, DES CAUCHEMARS, DES REVES et LA VIE
  • Chaque jour, être présente
  • Chaque jour, être présente